Notifications, conversations, écrans, musique, réunions, messages, informations, sollicitations professionnelles… Nous sommes devenus très efficaces pour remplir chaque espace disponible.
Dans les transports, nous regardons notre téléphone. En marchant, nous écoutons un podcast. Pendant une pause, nous répondons à quelques messages. Et lorsque nous rentrons chez nous, un autre écran prend souvent le relais.
Le problème n’est pas que toutes ces stimulations soient mauvaises. La question est plutôt : quand s’arrêtent-elles ?
Réduire plutôt qu’ajouter
La Floatation-REST repose sur une idée étonnamment simple : au lieu d’ajouter une nouvelle activité destinée à nous détendre, on retire temporairement une partie des stimulations auxquelles notre système est continuellement exposé.
REST signifie Restricted Environmental Stimulation Therapy. Dans un bassin de flottaison, la forte concentration en sel d’Epsom permet au corps de flotter sans effort. L’eau est maintenue proche de la température de la peau. La lumière et les sons sont fortement réduits. Pendant un moment, il n’y a donc presque plus rien à faire.
Que se passe-t-il lorsque l’environnement se calme ?
En 1995, les psychologues Peter Suedfeld et Eric Eich ont étudié les effets d’une heure de Floatation-REST. Dans leur première expérience, 32 étudiants ont été étudiés. Après la séance, les participants ayant flotté rapportaient des niveaux significativement plus faibles d’anxiété et d’activation : le score moyen d’anxiété était de 14,25 dans le groupe REST contre 38,50 dans le groupe contrôle.
Une deuxième expérience a également retrouvé un état plus positif et une activation plus faible après la flottaison. Cela ne signifie pas qu’une séance « réinitialise le cerveau ». Cela montre quelque chose de plus simple : modifier fortement l’environnement sensoriel peut modifier l’état subjectif.
Et si le repos était aussi une absence de sollicitations ?
Nous associons souvent récupération et sommeil. Mais être éveillé sans avoir à répondre, produire, regarder ou écouter constitue une expérience différente. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles la flottaison semble si inhabituelle lors des premières séances : nous sommes rarement confrontés à une heure pendant laquelle rien ne réclame notre attention.
La science ne nous permet pas de dire que nous avons trouvé un bouton « OFF » pour le cerveau. Elle nous invite néanmoins à nous poser une question beaucoup plus contemporaine : dans une société qui a appris à stimuler notre attention en permanence, avons-nous suffisamment appris à la laisser tranquille ?
